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Insolite
danse avec l'ironie du désespoir sur les décombres de l'illusion
moderne. Sur les 13 titres ciselés par les deux savants fous sonores
Staz et Voivod, Sid Nomiak dresse le portrait d'un monde en guerre
contre l'humain et y dessine quelques brèches : l'humour, la solidarité,
les instants de vie volés. Les solides racines hip-hop d'Insolite
l'ancrent à ras d'asphalte, et lui permettent de croiser des univers
sonores parallèles. De breakbeat frénétique en guitares punk-rock,
de mélodies poignantes en ritournelles moqueuses, le triple trouble
se joue des figures imposées avec gourmandise. Ce goût du crossover
se retrouve dans les textes, qui refusent l'appel des chapelles
et se réclament autant du rap classique que d'un certain surréalisme.
Même goût du contre-pied dans les thématiques : dans un “Paname”
qui se vide peu à peu de son peuple, on croise “Lili” une sœur
assassine qui refuse de se laisser broyer par “les moulins de
la colère”, on y cultive “la clarté dans la confusion” on se marre
face à l'amer miroir du “toi+moi” (qui ne fait pas nous). On braille
avec rage qu'on n'a qu' “une vie, une seule” et qu'on compte bien
l'embrasser, on se gausse de la science toute puissante dans “duck
my sick”, et à peine dissipées les brumes de “l'éther du milieu”
, on tombe nez à nez avec cet avenir qui nous adresse un inquiétant
sourire. On sort de l'album fort d'images et de formules entêtantes.
Convaincus que “le temps d'un passage unique assez court nous
sommes venus goûter le vent le vin la vie c'est fait pour”.
Manu
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