DE L'AIR - ° ° * + ° / Sid Nomiak / INSOLITE

 

Le problème sous nos latitudes,

c’est le manque d’oxygène sans même prendre d’altitude

Une fois enfoncés les clous de l’habitude,

les parcours appris par cœur étouffent et c’est la rancœur qui forge l’attitude

combien de lendemains ont déchanté ? pense pas trop tu vas déjanter,

le travail c’est la santé…

enfin tu sais c’qu’on dit

si on s’en fout et prend son temps

ça les rend fous dansons tant que la caisse claque et que la basse rebondit

la somme des rages et des envies frustrées

ne peut pas toujours qu’illustrer les pages de la non-vie

c’est avec joie que j’anticipe la faillite, par un travail de sape

se dissipe l’armée des clones et des zombies

 

de l’air, de l’air

 

drôle d’époque et tristes mœurs ! hé doc, c’est quoi qu’t’as dans l’esprit quand tu prescris ces médocs à la nurse ?

le môme est mal, mou pâle foncedé, en somme est bien dans le moule de la foule assommée sommé de consommer et d’étouffer son cri

il a l’choix entre les rangs, l’h.p. et la zonpri

l’air aussi a son prix une couche d’air sale recouvre la base c’est ptêt pour ça que vus du sommet tous les rats sont gris

 

de l’air

 

au pays des labos en lobbies la peur la folie les sueurs froides et les phobies font un marché joli

les trafiquants de médicaments sont des gens très polis mais leur sourire ,évidemment, est piégé comme un colis

entre les leurres les placebos j’y mets du mien la vie c’est beau comme un charter à terre une frontière abolie

les artères se débouchent parce que plus rien ne les fera taire les bouches se transforment en cratères et viva Stromboli

 

de l’air

 

on introduit le virus ensuite on produit l’antidote…

à la santé des morts qui votent

 

à rester poser en vitrine d’un monde qui débecte

on finit par jouer la victime on finit déprimé

mais dès que les illusions cessent ça s’gâte guette

les éclats de l’éclectique colère comprimée

le monde des battants crache ses battus comme un tanker vide ses cuves

travail au corps du cortex, mélancolie de la crainte

pour évacuer la pression emprunte le prochain vortex

figé dans une image on étouffe comme dans une étuve

ouhlala coule la lave

avive le feu et vive Vésuve

 

de l’air

 

On introduit le virus ensuite oN produit l’antidote…

à la santé des morts qui votent !